Questionnaire pour les écrivains de fiction : Jour 1



Voici un petit questionnaire destiné aux auteurs que propose @FlammeDesNefs. Avant de le commencer, je tiens à la remercier pour cette belle initiative !!





1- La première histoire que vous avez entreprise



La première-première histoire, vous êtes sûrs ? Vous voulez vraiment que je cause de celle qui est bien cachée, prenant la poussière honteusement depuis des lustres ? Bon... Puisque vous insistez...

Il s'agissait de Hexateam (ou Les aventures de l'Hexteam), websérie à l'époque. L'histoire, c'était quoi ? Non mais... Mais... Vous n'allez pas me lâcher avec ça, hein ?

Soit.

Pour vous la faire courte, c'était six internautes (avec pseudonymes) qui se rencontrent en vrai. Les retrouvailles en face à face s'avèrent dangereuses, il y a un meurtre, ils sont tous suspects et s'unissent pour prouver leur innocence.

Parce que je suis gentil, voici un extrait du premier épisode :

8h

Le trajet promettait d’être long voire interminable. Mais les deux jeunes femmes étaient prêtes à tout pour tuer le temps.
Ogd : Si tu savais à quel point je suis rassurée que tu ne sois pas un vieillard sexagénaire qui a utilisé sa fille ou sa petite-fille pour me piéger !
Tratine, le sourire aux lèvres : Ne t’en fais pas, en aucune façon je ne suis un vieillard et j’ai encore moins soixante ans...
Ogd, sur le ton de la plaisanterie : Ah tu as dissipé un gros doute 
Tratine : Retire ce que tu viens de dire ou je t’éjecte de la voiture. 
Ogd, défiante : Tu n’en serais pas capable, je ne me fais aucun souci. Tiens, à ce propos, une partie de Cap ou pas Cap, ça te tente ? 
Tratine : Avec moi au volant de la voiture ? Je risque de ne pas être très efficace ! 
Ogd : Tout est possible avec de la bonne volonté... 
Tratine, sur un ton provocateur : Puisque je tiens le volant et que c’est toi qui as eu l’idée du jeu, tu commences ! Cap ou pas Cap de mettre la tête dehors et de lancer « Bande de nazes » ?
Ogd ouvrit la vitre, se pencha, prit plusieurs bols d’airs frais au passage, et s’entraîna à crier. Car pour Ogd, crier n’était pas son point fort. Après quelques hésitations, elle se lança en voyant deux jeunes sur le bord de la route en bicyclette :
Ogd, s'écriant à plein poumons : Baaaaande de nazeeeees !
Elle dut attendre quelques secondes avant de retrouver sa voix. Elle n’acceptait pas de crier pour n’importe qui. Tratine n’en avait peut-être pas conscience mais elle venait d’accomplir un réel exploit à noter dans le livre des records. D’humeur farceuse, Tratine sortit donc un carnet et nota « Ogd élue Miss Décibel de l’année ». Elle arracha la page et la tendit à Ogd en guise de trophée :

Ogd : C’est ça, moque-toi de moi !
 
Tratine, rassurante : Je ne me moque absolument pas, je rentre dans ton délire tu le sais bien... 
Ogd, d'un ton solennel : Allez, maintenant laisse-moi me venger.
Tratine avait oublié que le mot «vengeance» se trouvait dans le dictionnaire. Elle se douta qu’Ogd allait lui faire faire les pires choses juste pour se venger. Qui sait, elle irait peut-être lui faire avaler des vers de terre ? Ou pire… Lui demander de chanter en pleine rue ou même de chanter nue en pleine rue ? A ces idées, Tratine trembla et fixa les yeux de son amie comme pour deviner ce qui l’attendait… Elle espérait secrètement qu’en devinant son sort, elle aurait davantage de temps pour se préparer…
Ogd, d'un éclair de génie : Ça y est ! J’ai trouvé quel sera ton défi ! 
Tratine, impatiente : Ne me fais pas attendre plus longtemps, j’ai une voiture à conduire je te rappelle. 
Ogd : Justement plus pour longtemps… Alors, Cap ou pas Cap de te glisser là, maintenant, à l’arrière de la voiture et de me laisser le volant ? 
Tratine, essayant de protester : Sans arrêter la voiture, mais tu es folle ?

Pour être franc avec vous, relire cette histoire, c'est comme tomber sur un vieux fichier de mathématiques de primaire. À l'époque, c'est marrant d'apprendre à compter avec Picbille, ses billes unités, ses boites de 10 et ses valises de 100, on découvre un univers tout nouveau et tout est beau. Mais quand on relit maintenant que 24, c'est deux dizaines et quatre unités, on n'a plus cette impression d'avoir inventé quelque chose de grand. Avec cette histoire, c'est pareil ! J'ai passé de bons moments en l'écrivant, tout est parti sur un délire. Et maintenant, de relire ne serait-ce que l'extrait que je vous ai choisi tout à l'heure, et bien... je ne ressens pas grand chose hormis une irrépressible envie de me cacher sous la table basse de mon salon.

Avec une débroussailleuse de compétition et une énorme dose de courage pour tout réécrire, il y aurait moyen de reprendre l'histoire et de la rendre potable mais il y a tellement de travail à effectuer dessus (niaiseries, incohérences, grosses ficelles, manque de description, narration à revoir...) et tellement d'autres histoires en parallèle que j'ai à gérer... !

Mais s'il y a quelque chose que j'ai bien appris en écriture comme pour tout dans la vie : ne jamais dire jamais !


À bientôt pour la révélation de la première histoire terminée ! 

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