Questionnaire pour les écrivains de fiction - Jours 5, 6 et 7






5- L'histoire abandonnée


L'une des rares histoires que j'ai abandonnée, c'est L'art de bien choisir son camp. Avant davantage de blabla, je vous laisse découvrir ça à travers la lecture du premier chapitre :


Le bien ou le mal ?

Je n'avais rien demandé à personne mais un jour, quelque part entre lundi et dimanche, on m'a posé la question.

Est-on vraiment obligé de choisir ?

Apparemment, oui. De ce que l'on m'a dit, mon âme est en jeu. Rien que ça...

Cela dit, je dois choisir un camp pour sauver mon âme mais on ne m'a pas dit combien de temps j'ai pour me décider. Il faut savoir que je suis incapable de décider de quoi que ce soit. Autant dire qu'un dilemme pareil, ce n'est pas à moi qu'il faut le poser, indécise que je suis.

Comment je vais faire pour dormir la nuit ?

Comment je vais faire pour retrouver l'appétit ?

Et surtout, comment je vais faire pour choisir une bonne fois pour toutes entre le bien et le mal ?

Mon âme est en danger. Et d'après les dires de ce grand monsieur en tunique à capuche noire qui est venu chez moi, il ne fallait pas que je prenne la chose à la légère. Si je ne choisis pas l'un des deux camps, mon âme sera maudite pour l'éternité. Et je ne plaisante jamais avec les malédictions... Le grand monsieur non plus, d'ailleurs.

Il a dû voir que je me suis décomposée suite à ces paroles puisqu'il me dit de ne pas m'inquiéter.

Comment ne pas s'inquiéter, franchement ?

Visiblement, un représentant du bien et du mal vont venir, chacun leur tour, me rendre visite pour m'aider dans ce choix important. L'attention de ce monsieur en tunique à capuche me toucherait presque du plus profond de mon cœur...

Au fait, moi c'est Zoé et voilà le cadeau que l'on m'a fait pour mes vingt ans.



Mais pourquoi donc ? Il y a plusieurs raisons pouvant expliquer cette décision. Primo, l'histoire se composait de petits chapitres de 200-300 mots. Deuxio, l'histoire ne cassait pas trois pattes à un canard (gueguerre entre le bien et le mal, héros en conflit avec lui-même) et sur un ton très léger, voire absurde. Tertio, je ne savais pas trop où aller avec tout ça et j'arrivais en plus à alterner la full-narration à la première personne avec le full-dialogue. De quoi se faire bobo au cerveau et en terme de bobos au cerveau, j'ai assez donné... (coucou Vie alphabétique !)


6- L'histoire qui sera reprise un jour


L'histoire qui renaîtra de ses cendres... n'est autre que... attention, roulement de tambour... Les flammes de la haine ! Un roman-feuilleton autour de la famille Holdman : Richard et Isabelle (les parents), leur fils Paul (l'éternel séducteur célibataire), Lucie (et son fiancé Mathieu) ainsi qu'Eva (et son mari Marco) avec leurs lots de rebondissements abracadabrants, des passés qui ressurgissent, des secrets, des trahisons. 

Voici, par exemple, un extrait d'une scène un peu légère qui marque le début de l'histoire :


Paul réajuste son chemisier, prend une profonde inspiration et passe la porte pour revenir dans sa chambre. Il pose les yeux vers le lit, lit sur lequel est encore allongée une belle blonde aux cheveux longs, la peau claire et visiblement lisse. Paul racle sa gorge. La blonde ne bouge pas d'un cil.

Certes, il a passé toute la nuit avec elle, mais est-ce une raison suffisante pour que la jeune femme décide de se prélasser dans un lit qui n'est pas le sien toute la journée ? Paul exècre ces filles qui s'attachent trop vite et est forcé de constater qu'il a encore une fois tiré le mauvais numéro :

— Hé oh ! On se réveille, dit-il d'un air à la fois poli et insistant.

Toujours aucun mouvement à l'horizon. Il en arrive presque à croire qu'elle est morte, ou qu'elle simule sa mort. Des cinglées, il en a rencontrées dans sa vie. Alors, plus rien ne l'étonne à présent.

Paul se rapproche légèrement pour l'entendre respirer.

Ouf ! Elle est vivante ! Mais comment faire pour la réveiller ?

Rien de plus facile. La tactique infaillible de Paul.

Le principe est très simple. Tout réside dans l'art de la simulation : simuler une maladresse, simuler une urgence, simuler un sentiment de gêne.

Si jamais il vient à s'apercevoir que la fille a simulé la première, elle prend la porte avec pertes et fracas. Ici, ce n'est apparemment pas le cas.

La blonde est du genre à croire aux contes de fées et à prétexter une envie pressante avant l'acte sexuel pour appeler sa mère dans la salle de bains et la prévenir qu'enfin elle a trouvé son prince charmant. Paul espère sincèrement que la jeune femme n'est pas allée jusque là, car, d'une part, il se retiendrait de rire, et d'autre part, la pauvre femme tomberait de très haut.

Ne supportant plus la vue de la belle au bois dormant, il décide de passer à l'action.

Simuler une maladresse... Comment ?

Lancer un vase contre le mur pour la réveiller ? Elle est peut-être blonde mais elle va comprendre qu'il la met dehors...

Frapper le sol avec une poêle ? Non, elle croira qu'il est musicien et s'attachera encore plus à lui... 


Non. Il a une meilleure idée !

Il tire les couvertures du lit pour les laisser traîner par terre, vérifie qu'elle est encore endormie et se jette sur le lit, voire pratiquement sur la jeune femme qui se réveille en sursaut :

— Oups... désolé... Excuse-moi... Je te regardais dormir... Et on a tellement fait les fous hier soir que les draps traînent par terre et je me suis pris les pieds dedans...



Pour s'aérer la tête entre deux écrits trop sérieux voire trop sombres, c'est sans doute une bonne idée de relancer l'histoire. Mais pas de suite, juré, craché !!


7- L'histoire qui prend le plus de temps à l'écriture


La Légende des Maîtres du Destin ! J'ai commencé l'histoire fin 2013, j'ai eu une grosse accélération en écriture durant l'été 2014 et j'ai un gros passage à vide depuis. J'ai entamé un long travail de réécriture l'an dernier et je dois continuer (et terminer l'histoire, aussi). 

Pour vous résumer un peu le gros bazar que cette histoire fait dans ma tête, il faut savoir que l'histoire de départ ne concernait que deux narrateurs. Et, lors de ma séance d'écriture intensive de l'été 2014, plein d'autres se sont rajoutés et ça faisait très bizarre ce débarquement de personnages importants en plein milieu. Donc, il a fallu équilibrer tout ça. Mais niveau chronologie, ça posait pas mal de soucis. Et pendant l'écriture intensive, certaines scènes ont été trop vite expédiées (hop, hop, hop !). C'est pas bien du tout ! 

Actuellement, j'ai réalisé le plus gros du travail mais il en reste encore un peu. Je suis même en train de me demander si la trilogie initiale ne va pas se transformer en un bon gros tome solitaire. (c'est ironique parce que d'habitude, ce sont les petits projets qui insistent pour multiplier les tomes, et pas l'inverse...)

Affaire à suivre... Et pour patienter, voici un petit extrait :


Les deux hommes regardèrent autour d'eux d'un œil discret, chacun leur tour, obligeant la quinquagénaire à faire semblant de fouiller ses poches, en leur tournant le dos et regardant ses pieds, avant de s'éloigner de leur champ de vision. Elle n'était pas à court d'astuces pour passer inaperçue.

Aucun des deux hommes ne se méfia de la présence de Kira dans les environs et une transaction s'effectua dans l'obscurité de la ruelle. Un petit paquet passa discrètement des mains de l'homme en noir pour atterrir dans celles d'Aleksandr.

Une affaire de drogue, sûrement. Et alors ? Elle devait empêcher Aleksandr de faire une overdose ? Elle avait eu des missions bien plus réjouissantes...

Kira leva la tête et fut témoin de quelque chose d'étrange qui pouvait nécessiter une intervention. Aleksandr semblait quelque peu paniqué et l'homme en noir de plus en plus virulent, au point de frapper plusieurs fois violemment l'épaule d'Aleksandr avant de l'envoyer à terre.

Se retenant de venir au secours d'Aleksandr, Kira observa la scène, le temps de réfléchir à une tactique. Peut-être que les choses allaient en rester là...

L'homme en noir se mit à rouer de coups Aleksandr.

C'était le moment de mettre un terme à la transaction qui dégénérait à vue d’œil.

Lorgnant une barre de fer traînant dans la ruelle, elle ne se tritura pas l'esprit très longtemps avant de s'en emparer, de s'entraîner à le manier et de s'approcher des deux hommes, déclarant en russe :

— Un peu d'aide, messieurs ?

— Hors de ma vue, mamie ! aboya l'homme en noir, en russe également.

Kira détestait ce genre de provocation mais cela l'amusait de voir que certains pensaient encore qu'il en fallait aussi peu pour la vexer.

— Tu t'appelles comment, jeune homme ?

— Retourne à ton tricot et mêle-toi de tes affaires !

Sans plus attendre, la quinquagénaire dégaina sa barre de fer et asséna un coup tout droit sur les genoux de l'insolent qui ne manqua pas de se tordre de douleur :

— J'ai demandé ton nom ! La politesse veut que tu répondes en n'oubliant pas le «s'il te plaît» et le «merci».

Paralysé par la douleur, l'homme en noir peina à aligner ses mots :

— Elle est folle, la vieille !

Instinctivement, Kira lui donna un deuxième coup dans le bas-ventre.

— Et je n'aime pas trop qu'on me traite de vieille ou de mamie, soit dit en passant.


La partie "Histoires" du questionnaire est bientôt terminée. Rendez-vous bientôt pour découvrir l'histoire écrite la plus rapidement, celle dont j'ai honte et celle, au contraire, qui me rend le plus fier !

Commentaires