Questionnaire pour les écrivains de fiction - Jours 8, 9 et 10





8- L'histoire la plus rapide à écrire


Sur les trois romans que j'ai achevés à ce jour, Vie Alphabétique et Mais où est donc Ornikar ? 1 sont les deux que j'ai pu écrire en un an, grosso modo. Mais, dans ma tête, très étrangement, j'ai l'impression que l'écriture de la bête alphabétique a été plus fluide. Je me souviens en avoir écrit une grosse partie durant l'été 2014 (de la lettre D à Q) et j'ai traîne un peu avant et aussi après. Certes, vous me direz que si j'y avais mis un peu du mien, j'aurais pu finir le machin durant l'été 2014 en question. Comme on me répète très souvent, avec des "si", on couperait des arbres... 


9- L'histoire la plus honteuse


Je dirai qu'il s'agit d'Atrocités. Avec le recul, je me dis qu'il y a des scènes qu'il fallait vraiment oser écrire et encore plus publier. Avant toute chose, voici de quoi ça parle (résumé rapide) :


Onomago se réveille en mauvaise posture, au beau milieu de la ville de Talède. Ribadonia lutte pour la survie du quartier Sud de Runonaikov. Padazar est un jeune pirate livré à lui-même dans la Mer Fluviale. Duncus, un tueur à gages quinquagénaire originaire et exilé d'Ispérie, fait une bien curieuse rencontre. Novée, quant à elle, est une adolescente, esclave d'un peuple barbare. Tous ont une chose en commun : ils cherchent à comprendre comment leur monde a pu devenir aussi chaotique et tentent d'y remédier, chacun à leur manière, tout en luttant pour leur survie.
 

Et voici un extrait qui peut susciter un sentiment de honte pour l'auteur, et d'autres sentiments chez le lecteur :


— Comment tu t'appelles ?

— S..aokia. Et toi ?

— Onomago.

Elle lui sourit. Il affiche un léger sourire en retour.

Elle se rapproche de lui. Il ne bouge pas.

Au contraire, il sent monter le désir en lui. Les cadavres complément occultés de son esprit, il ne voit plus qu'elle, Saokia. Et à en juger par le nombre de sourires que la jeune femme lui adresse, l'attirance semble réciproque.

Sans même sourciller, ne serait-ce qu'un peu, elle rapproche son visage de celui d'Onomago pour lui déposer un baiser sur la joue. Elle doit sentir que le jeune homme en a besoin. Elle plonge ses yeux dans les siens. Ils se sourient pour la millième fois avec une synchronisation à couper le souffle.

Soudain, il s'arrête de sourire. En effet, il ne peut s'empêcher d'avoir de la peine pour la charcuterie dévastée de son père ainsi que pour tous ces cadavres qui ne s'évaporent pas, loin de là !

L'attirance soudaine pour cette mystérieuse Saokia, l'environnement cadavérique... Onomago enchaîne les surprises sans transitions. Et ressentir un tel désir au milieu de cadavres extrêmement malodorants ne le dérange pas vraiment.




Une grande question se pose maintenant : Et vous ? Auriez-vous honte de ça à ma place ?


10- L'histoire qui me rend le plus fier


J'aurais pu hésiter entre Zugzwang et Mais où est donc Ornikar ? mais je vais choisir la dernière option. Créer tout un univers autour de cet Ornikar est l'une de mes plus grandes fiertés (la deuxième étant de parvenir à maintenir une atmosphère sombre et durement sérieuse dans Zugzwang). 

Toutes ces trouvailles originales qui font partie intégrante de l'histoire ont été improvisées (la plupart du temps) et le tout donne quelque chose de bizarrement cohérent. Je trouve beau le fait que la mayonnaise ait pris comme ça ! Et je m'en rends de plus en plus compte avec tous les retours que j'ai sur les chapitres du premier tome ! Moi le premier, je me dis "Mais qu'est-ce que tu as pris pour inventer un truc pareil ?". 

Parce que tout devient plus clair avec un exemple sous les yeux :

J'ai l'impression de commencer à lire dans les pensées de Xander. Ou peut-être est-ce parce que je m'habitue déjà à être mêlée dans des situations improbables. Sans trop y croire, je me tourne vers le tavernier qui recule, manque de trébucher sur le corps d'un autre géant avant de retourner dans sa taverne.

Si je veux réveiller cet Ornikar afin de pouvoir lui parler, je suis donc la seule à pouvoir le faire. Gardant en tête que l'on n'est jamais mieux servie que par soi-même, je m'approche du nez du géant, sans aucune idée de la manière dont je vais le faire éternuer.

— Excuse-moi, j'avais oublié...

Il sort d'une de ses poches un minuscule sac plastique contenant une poudre que je n'ai jamais vue auparavant.

— Qu'est-ce que c'est ?

— Une Poudre Grammaticale. Si elle est mal dosée, au gramme près, elle peut être extrêmement dangereuse, voire mortelle. Autrement, en bonne quantité, elle provoque quelques effets secondaires dont l'éternuement, me répond-t-il.

Je ne sais pas si je dois m'inquiéter de la question de dosage mais j'espère vraiment ne pas tuer ce géant si je lui fais inhaler cette poudre particulière.

— D'où ça vient ?

— La Poudre Grammaticale ? Elle m'est très utile, au cas où on chercherait à vandaliser mon magasin. On en trouve chez tous les Poudreurs Grammaticaux du coin. Et les ingrédients sont tous aussi inoffensifs les uns que les autres. Un peu de poivre, une demi-pincée de tue-mouche, deux cuillères d'orties sucrées ainsi qu'une grosse dose de miel d'araignée.

— Du miel d'araignée ?

Je n'ai jamais entendu de telles choses jusqu'à maintenant. Il n'y a pas de géants, de miel d'araignée, de Poudre Grammaticale ni même de Poudreurs Grammaticaux à Bescherelle-sur-Mer. Au mieux, nous avons des gens qui surfent sur des grands livres flottants. C'est ce qui attire les touristes, d'ailleurs.

— Oui, du miel d'araignée. Quand les araignées ont plusieurs nuits d'insomnies consécutives dans les pattes, elle sécrètent un petit liquide qui s'apparente à du miel et c'est ce liquide qui fait éternuer. Le reste, ce n'est que de la poudre aux yeux.

Rendez-vous prochainement pour la deuxième partie du questionnaire. Si vous avez une insomnie ce soir, vous pouvez essayer de deviner quel est mon personnage préféré parmi tous ceux que j'ai créé ! 



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