Comment s'épanouir en écrivant ?




 On a tous dans la tête cette image d'auteur torturé, fêtard, alcoolique, drogué. Mais un auteur ne peut-il pas être heureux aussi ? Allez ! Un peu d'optimisme dans cet article...

Écrire pour soi avant d'écrire pour les autres


C'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire, c'est vrai... Mais, pour moi, c'est quelque chose qui me paraît important. J'ai mis du temps à en arriver à cette conclusion et à essayer de l'appliquer. Au début, l'écriture était comme un moyen d'attirer l'attention. J'avais besoin d'être lu par plein de gens, d'avoir plein de retours, que l'on me dise que ce que j'écrivais... c'était bien. Peut-être que l'on est tous passés par là, au début. 

Au fil du temps, et quand je me suis aperçu que les retours ne pleuvaient pas forcément, j'ai eu un petit passage à vide où forcément on se remet en question. (Mais pourquoi on ne me lit pas ? Pourquoiiiiiiiiiiii ? Snif...). Et je me suis aperçu que le plaisir que je prenais à écrire prenait tout à coup le pas sur le reste.

Est-ce qu'un avis vaut ce sentiment de fierté et d'auto-satisfaction que l'on ressent quand on parvient à boucler un chapitre ? Est-ce que je me vois négliger tous ces fous rires que je me suis déclenché durant l'écriture, tous ces éclairs de génie qui m'ont traversé l'esprit telle la foudre, et ce, pour me focaliser sur le nombre de retours que j'ai sur le texte ? Absolument pas.

Attention ! Cela fait toujours plaisir d'avoir un retour sur son texte, d'avoir l'impression que son travail est valorisé, de savoir que le lecteur s'est senti attiré par l'histoire. Sauf qu'aujourd'hui, je ne cours plus après ça (ou presque). Je me suis rendu compte ces jours-ci que j'avais encore besoin des retours notamment pour les premiers chapitres pour me rassurer, pour m'assurer que le message et les sentiments que je cherche à transmettre arrivent jusqu'au lecteur.

Aujourd'hui, je me vois comme un petit auteur qui fait sa vie et qui accueille son lecteur avec des biscuits et du thé (ou du café) avec grand plaisir. À la différence que je ne scrute plus par le judas pour vérifier que l'on passe par chez moi, que je ne me balade pas avec des t-shirts sur lesquels serait inscrit «Par pitié, lisez-moi...». J'écris avant tout pour me faire plaisir, pour expérimenter et ce n'est que du bonus si le lecteur passe par là.

Désormais, il me faudra soigner la réception des retours de maisons d'édition, agences littéraires, appels à textes... Hum, hum... On va laisser cela pour une prochaine fois, si vous voulez bien.

L'importance de l'expérimentation 


Il faut dire que depuis... allez... on va dire 2009, j'ai beaucoup évolué et pas mal expérimenté... Dans mon entourage d'auteurs, on me considère comme un auteur complètement barré mais surtout comme un touche-à-tout. J'ai très souvent fait dans l'absurde. C'est un peu devenu ma marque de fabrique : l'humour et les situations délirantes. Un homme quitte sa femme pour élever des chèvres en Birmanie, on part à la quête de l'Ornikar (vous savez, celui du moyen mnémotechnique pour retenir les conjonctions de coordination), je fais causer des manuels scolaires en quête de liberté et de domination du monde... Bref, ça va pas très bien dans ma tête mais j'ai appris à faire avec.

Peut-être que vous aussi, vous avez trouvé votre terrain de jeu de prédilection. Si tel est le cas, je vous invite à nous en faire part dans la section commentaire en bas.

Une fois que j'ai pris ses marques avec l'écriture, j'ai trouvé intéressant l'idée d'aller voir ailleurs. C'est alors que j'ai tenté une fois l'écriture à contraintes (26 chapitres dont chaque phrase commence par une lettre spécifique de l'alphabet, autant vous dire que j'ai adoré le K, les W, X, Y et Z...). J'ai cru mourir au moins quarante-deux fois sur la fin mais j'ai tenu bon et cette bête aura été mon premier roman achevé. Là aussi, c'est une fierté qui fait du bien au moral !

J'ai également voulu me lancer dans le fantastique policier, le multi-genres (partie fantastique + épistolaire + drame à faire pleurer les chaumières), le full-dialogue (tout uniquement en tirets cadratins). Et récemment, je me suis mis à l'horrifique en m'inspirant des légendes urbaines et c'est plutôt fun (si on fait un peu abstraction d'un léger détail : le gore...).

Tout cela pour dire qu'il existe tout plein de façons d'expérimenter, de s'amuser, de tester sa plume. Comme par exemple, l'écriture à plusieurs mains (bon... je finis noyé dans mes projets et les romans à plusieurs mains ne vont jamais très loin mais c'est super drôle à faire. Que ce soit le conte de fées, la fantasy absurde, le post-apocalyptique) ou de s'essayer à différents appels à textes comme je le fais depuis cet été. Ceci aura été un très bon moyen de me relancer dans l'écriture après une période difficile. Et cela permet aussi de changer de format et de faire dans la nouvelle. Et devinez quoi... Sur «99 variations façon Queneau», j'ai pris mon pied comme jamais car justement, cela faisait appel à mon côté maso fanatique de contraintes. Comme quoi, revenir aux sources, hein... ! Y a rien de mieux.


Et vous ? Vous voyez-vous comme un auteur torturé ou quelqu'un qui s'épanouit et se renforce par l'écriture ? La discussion est ouverte. 


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